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MAITRE BOUDDHISTE

 

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Dogen

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Textes de Dogen

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"Esprit et corps détachés".

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DOGEN

(1200 - 1253)

 

Des deux principales écoles du Zen japonais, le Soto fut la seconde à s'implanter. Dogen, son fondateur, fut d'abord un élève de Eisai, le maître Rimai de la fin du XIIème siècle, Comme beaucoup de penseurs de l’époque, Dogen débuta sa carrière au monastère Tendai près de Kyoto, puis se rendit à quatorze ans au temple Zen d'Eïsai. Eisai mourut peu après, mais le jeune moine continua à étudier le Zen, et se rendit en Chine en 1223. Il y demeura jusqu'en 1227, y rencontrant, selon ses écrits, de nombreux obstacles.

Dans un récit candide, Dogen raconte comment, dans son attachement à la méditation formelle, il ne pouvait comprendre au départ pourquoi les moines chinois devaient se soumettre à des tâches apparemment triviales. Il rapporte comment il rencontra un tenzo (moine cuisinier) chinois venu acheter des champignons. « Monsieur, dit Dogen, pourquoi ne méditez-vous pas et n'étudiez-vous pas les koans des maîtres anciens? Pourquoi travailler si dur en tant que tenzo ?- Vous semblez bien ignorant de l’entraînement et du sens réel du bouddhisme ! » s'exclama le vieux moine en riant. « Â cette époque, confesse Dogen, j'étais incapable de comprendre ce que cela signifiait. »

Cette histoire illustre à la fois l’humanité du futur maître et le caractère du Zen que Dogen développera. Plus peut-être que toute autre école, le Soto souligne l'importance d'accomplir les actions quotidiennes, des rites du temple à la simple défécation, comme l'expression de la conscience bouddhiste. La pratique, selon le Soto, est l'Éveil. Le simple fait de s'asseoir en méditation est l’Éveil.

Vers la fin de son séjour en Chine, Dogen entra au monastère du maître Tch'an Jou-Tching, sous la direction duquel il intensifia sa pratique du shikantaza (simplement s'asseoir). Un matin, il entendit l’abbé gronder un moine qui s'était assoupi dans sa méditation. « Le Zazen [méditation] est la façon de lâcher le corps et l'esprit ! Que peux-tu achever en t'endormant ! » À cet instant, Dogen lui-même s'éveilla.

« J'ai fait l’expérience de lâcher le corps et l’esprit », écrivit-il. Jou-Tching confirma l’éveil de Dogen et lui donna la permission de retourner au Japon. « Demeure au large des villes, des rois et des ministres », lui conseilla-t-il. « Fais ta demeure dans les montagnes, dans les vallées isolées, et ne transmets l’essence du Zen qu'à celui qui est un vrai chercheur de bodhi [éveil]. »

De retour au Japon, Dogen fut déçu de trouver les moines Zen Rinzai vivant avec leurs « propres affaires, des robes délicates et des trésors entassés ». Revenu établir le Zen, il construisit une salle de méditation au temple de Kosho-ji où il commença à entraîner des moines et écrivit ses Règles de la nouvelle salle de méditation. Dans ce texte, Dogen exprime sa passion en tant que maître et met l’accent sur un effort constant. « Imaginez que votre tête est sur le feu, écrit-il, c'est le moment de la sauver. »

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 Voix de DOGEN

Au cours de sa vie relativement brève, Dogen écrivit des oeuvres d'importance majeure pour le Zen comme pour le bouddhisme en général. Cela va de courts travaux décrivant la pratique Soto jusqu'au Shobo genzo, un grand et beau livre esquissant des essais analytiques dans une prose visionnaire qui le range parmi les plus grands dans la littérature mondiale. Le génie de Dogen réside dans une parole complètement directe. Orthodoxe quant aux traditions Hinayana et Mahayana, mais ignorant les théories bouddhistes accumulées depuis 1500 ans, Dogen s'appliqua à restaurer le dharma comme s'il était entièrement neuf. Dans sa voie résonne un timbre humain, âpre et étonnamment moderne. Ce moine altier et austère avait aussi l'humour et l'humilité qui accompagnent l'honnêteté intellectuelle. Quand l'empereur lui offrit la robe patriarcale, il écrivit «Si un vieux moine ici portait le kashaya pourpre, les singes et les grues se riraient de lui ! »

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Textes de DOGEN

 

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L'important, c'est Zazen

Le point le plus important dans l’étude de la Voie, c'est zazen.

En Chine, nombreux sont ceux qui ont atteint l’illumination simplement grâce à la puissance de zazen. Certains, ignorants au point de ne pas pouvoir répondre à une seule question, ont dépassé ceux qui avaient étudié pendant des années simplement grâce à l'efficacité de leur ferme dévotion dans la pratique de zazen.

Il est donc conseillé aux étudiants de ne se concentrer que sur zazen et de ne se préoccuper de rien d'autre.

La Voie des Bouddhas et des Anciens n'est que zazen. Ne suivez rien d'autre.

 

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L'acte de Zazen 

 

Tenez-vous à l'écart des affaires du monde et laissez en repos les myriades de phénomènes.

Zazen ne consiste pas à penser ni au bien ni au mal. Ce n'est pas un effort conscient. Ce n'est pas de l'introspection. Ne désirez pas devenir un Bouddha. Ne restez pas trop longtemps assis ni allongé. Modérez nourriture et boisson. Soyez conscient du temps qui passe et engagez-vous dans l'acte de zazen comme si vous deviez vous échapper d'un incendie.

 

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Etoiles

Pendant 54 ans avec des étoiles

J'ai décoré le ciel.

Maintenant, j'y gambade,

C'est bouleversant !

 

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Vie et mort

La bûche devient cendre et ne redevient pas bûche. Malgré cela, ne croyez pas que la cendre est le futur et la bûche le passé. Il vous faut bien comprendre que la bûche subsiste dans l'expression phénoménale de bûche, qui contient la totalité du passé et du futur, et est indépendante du passé et du futur. La cendre subsiste dans l'expression phénoménale de la cendre, qui contient la totalité du futur et du passé. Comme la bûche, qui ne redevient pas bûche une fois qu'elle est devenue cendre, vous ne reviendrez pas à la vie après la mort.

Cela étant, il est une voie clairement établie dans le bouddha-dharma qui nie le fait que la vie se transforme en mort. Dans cette optique, la naissance est comprise comme non-naissance. C'est un enseignement indiscutable contenu dans le discours du Bouddha qui affirme que la mort ne se transforme pas en vie. Ici, la mort est comprise comme non-mort.

La vie en elle-même est une expression dans sa totalité.

La mort en elle-même est une expression dans sa totalité.

Elles sont comme l'hiver et le printemps. Vous n'appelez pas hiver, le début du printemps, ni été la fin du printemps.

Extraits de 365 jours Zen, Ed. Le Courrier du Livre, 2002

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